Présentation synthétique du programme 2014-2019

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Le premier cycle de la Chaire TMCI, 2009-2014, avait deux orientations principales :

• d’une part, la consolidation et l’accroissement de la visibilité internationale de la Théorie C-K

• d’autre part, la validation dans la pratique industrielle d’une gamme de méthodes, inspirée de la théorie et permettant de mieux conduire les projets innovants, de renforcer les capacités d’innovations et d’outiller les directions de l’innovation.

Le bilan de la chaire pour la période 2009-2014 montre que ces deux grands objectifs ont été atteints et dépassés, avec en outre des extensions du programme initial particulièrement riches, notamment dans le domaine de la psychologie du développement.

Le projet scientifique pour le cycle 2014-2019, s’appuie sur ces acquis et se donne trois orientations générales que l’on déclinera ci-dessous en cinq axes de travail.

– Sur le plan scientifique , étendre les domaines de pertinence et de validité de la théorie C-K en modélisant les raisonnements de conception qui utilisent une plus grande diversité de langages et de représentations (dessins, images, icones, perceptions, émotions, …)

– Sur le plan managérial , développer des modèles de gouvernance de l’innovation adaptés à différents niveaux de pilotage : entreprises, écosystèmes d’entreprises et espaces politiques (régulations nationales, réseaux d’agences de l’innovation etc.)

– Sur le plan pédagogique, développer les moyens d’une diffusion de masse (logiciels, outils pédagogiques, formations) des acquis de la chaire dans l’entreprise, l’enseignement initial et la formation continue.

Ces orientations générales seront mises en œuvre à travers une organisation de la Chaire en cinq axes de travail. Les quatre premiers axes sont des amplifications des axes du premier cycle de la chaire, l’axe 5 est nouveau.

Axe 1 : Extensions des applications et fondements scientifiques de la théorie de la conception

La fécondité et la pertinence de la théorie C-K ont été largement démontrées. Le programme scientifique va donc se déployer dans quatre directions qui concernent aussi bien les domaines d’application de la théorie que ses fondements formels.

• Nouvelles applications : vers une recherche opérationnelle « conceptive ». Une très large part des activités industrielles continue à être vue comme des démarches d’optimisation. Cela tient à la prégnance du paradigme décisionnel dans la formation. Le saut à accomplir pour passer du paradigme décisionnel au paradigme conceptif est parfois trop lourd ou inadapté. Entre ces deux paradigmes existe une large gamme de situations intermédiaires où il faut introduire une logique conceptive dans un cadre d’optimisation élargi. C’est notamment le cas des outils de datamining qui manquent trop souvent de « finesse ». L’idée d’introduire un raisonnement C-K local au sein d’une logique algorithmique classique a été proposée dans la littérature. Cette voie prometteuse, qui peut s’étendre à toute la palette des algorithmes d’optimisation, sera développée notamment avec des partenariats en robotique.

• Nouveaux fondements et extensions scientifiques :

• Vers une théorie générale des fonctions génératives : les travaux récents ont montré que pour comparer les théories de la conception proposées dans les dernières années il était utile d’introduire la notion de fonction générative et qu’elles se distinguaient alors en fonction de leur plus ou moins grande puissance expansive et des hypothèses qu’elles posaient sur les structures de connaissances associées. L’élaboration d’une théorie générale des fonctions génératives apparait dès lors comme une importante avancée théorique à laquelle le deuxième cycle de la chaire TMCI s’efforcera d’apporter sa contribution. D’importantes conséquences pratiques peuvent y être associées notamment des fondations solides pour une doctrine « qualité » pour la conception innovante.

• Modélisation de la « création » scientifique : la mise en évidence des correspondances entre théorie C-K et Forcing en théorie des ensembles a eu d’importantes retombées. Notamment la découverte des effets de la « splitting condition » a souligné l’importance des structures de « généricité », d’indépendance et de non-déterminisme dans le raisonnement de conception. On voit ainsi apparaitre une stratégie d’analyse des structures de la connaissance qui passe par la détection des structures d’indépendance comme source de concepts innovants. Cette notion renvoie notamment à la théorie des matroids qui pourrait permettre de systématiser cette approche « conceptive ». On pourrait avoir par cette voie une reformulation nouvelle de la théorie C-K et qui permettrait de modéliser les logiques de la production scientifique, proposer une nouvelle approche de la gestion des risques en conception, revisiter et élaborer de nouveaux principes pour l’ingénierie des systèmes.

• Modélisation de la conception utilisant des langages symboliques : la théorie C-K de « la première génération », est implicitement construite sur une formulation « verbale » des concepts et des connaissances. Or nous savons qu’une large part du travail des créateurs s’effectue en mobilisant des modes d’expression non verbaux de toutes natures (gestes, dessins, sons, manipulations d’objets..). On peut donc se demander si les principales propriétés de la théorie C-K sont indépendantes de tout substrat d’expression ? ou s’il existe des substrats d’expression qui sont « C-K compatibles » et d’autres qui ne le sont pas ? Ces questions ouvrent un programme certainement ardu mais dont les conclusions pourraient être d’une grande importance à la fois pour le choix des supports d’aide à la conception et pour les conceptions classiques du langage.

Axe 2 : Ingénierie et gouvernance de l’innovation dans l’entreprise

Le premier cycle de la chaire a permis de consolider une large gamme d’outils et de méthodes pour la conception innovante. Sur le terrain, des équipes de consultants formés par la Chaire ont pu multiplier avec succès (notamment pour le programme KCP) les expériences dans les entreprises, ce qui a favorisé l’adaptation de plus en plus variée et fine de ces outils.

Cet effort de conception de nouveaux outils de nouvelles méthodes et de nouvelles formes d’organisation de la conception innovante sera poursuivi dans le second cycle de la chaire TMCI (Evaluation de la qualité d’un raisonnement de conception, méthode de conception de technologie générique, systématisation des usages pratiques de la théorie C-K (règles, codes, configurations courantes..)-, cartographie et évaluation des outils d’aides à la conception CK-tools,…).

Cette première étape conduit aussi aujourd’hui à deux nouveaux programmes :

• un besoin de formation de masse, tant du côté des formations initiales (fortes demandes des universités et des écoles) que des formations continues en entreprise. L’équipe de la Chaire devra donc développer un programme de formation de formateurs de grande ampleur. Celui-ci passera aussi par la conception de cours en ligne de type MOOC, labellisant et diplômant. Dans ce développement, la chaire s’appuiera sur des partenariats de développement, tout en ne gardant pour sa part que la conception et l’évaluation scientifique des formations ;

• du point de vue des entreprises, le passage d’une ingénierie de l’innovation à la mise en place d’une gouvernance de l’innovation disposant à la fois d’une place stratégique et de processus généraux de management de ses projets.

Pour progresser sur cette voie, le deuxième cycle de la chaire privilégiera les directions de travail suivantes :

• Etude de la place et de l’instrumentation d’une gouvernance de l’innovation au sein du gouvernement viagra a acheter en ligne d’entreprise : implication des actionnaires et des conseils d’administration, conception d’un bilan « innovation » ;

• Modèle de financement et valorisation financière de l’innovation dans l‘entreprise. Ce travail bénéficiera des modèles économiques de la conception élaborée pendant le premier cycle de la chaire :

• Etude des modèles juridiques compatibles avec les processus partenariaux de l’innovation : le droit des sociétés et celui du travail sont-ils adaptés aux partenariats d’innovation qu’ils soient externes ou internes à l’entreprise ?

Axe 3 : Bases neuropsychologiques de la théorie de la conception

Cet axe n’existait pas à la création de la chaire. Il a connu un développement important depuis deux ans et prendra une part plus grande au cours du second cycle de la Chaire. Il est emblématique de l’impact transdisciplinaire d’une théorie de la conception lorsqu’elle atteint le degré de généralité et d’abstraction de la théorie C-K.

L’objectif principal de cet axe sera d’explorer l’hypothèse que l’on peut mettre en évidence au plan neural, des « fonctions exécutives » qui correspondent, dans une mesure qui reste à préciser, aux différents opérateurs qui sont prédits par la théorie C-K. Une part du chemin peut être faite en constatant que la psychologie moderne a mis en évidence l’existence de fonctions neurales servant à inhiber (O. Houdé) les apprentissages précédents. On a déjà montré dans les travaux précédents de la Chaire que des sujets ayant à exécuter une tache de conception, étaient grandement stimulés par des exemples « expansifs » au sens de la théorie C-K. Ce résultat recoupe celui des fonctions d’inhibition mais permet aussi de penser qu’existe une « fonction d’expansion » qui pousse le sujet désinhibé à accepter des voies de plus en plus originales. Comment agissent ces fonctions ? Sont-elles sensibles aux mêmes stimuli ? Peuvent-elles être renforcées par le même apprentissage ou par des apprentissages distincts ? Ces questions prennent une importance majeure dans les innovations qui imposent de faire collaborer des professions ayant des références culturelles différentes des ingénieurs ou des managers (designers, architectes, scientifiques, …)

Pour traiter ces questions dont l’enjeu scientifique est de grande portée, la chaire renforcera son partenariat scientifique notamment avec le laboratoire LaPsyDé de l’université Sorbonne et avec des équipes internationales dans le cadre de la Design Society.

Axe 4 : Écosystèmes, collèges de l’inconnu et régulations de l’innovation dans des espaces politiques

Plusieurs recherches ont montré que la représentation classique du rôle des écosystèmes dans l’innovation devait être complétée. L’idée naturelle que l’agrégation de compétences diverses, dans un même espace, ou dans un même cadre institutionnel, favorise l’innovation résulte d’un biais d’observation. La réunion des compétences nécessaires est indéniablement une condition de succès de l’innovation, mais elle est un résultat du processus d’innovation et non pas sa cause. Il a ainsi pu être montré que les écosystèmes véritablement innovants étaient le résultat d’un pilotage particulier qui façonne à la fois les concepts et les compétences qui y collaborent. Par « pilotage », il ne faut pas entendre une direction hiérarchique mais plutôt un collège d’acteurs ou d’institutions. Les travaux de la chaire soulignent plutôt la nécessité de ce qui a été appelé des « collèges de l’inconnu » capables de protéger les mécanismes vitaux de l’innovation (notamment ce que l’on a appelé « la circulation des imaginaires » et d’empêcher la « fixation » autour de développements routinisés. La notion d’ « Architecture de l’innovation » a aussi été évoquée pour caractériser le mode d’intervention de ces collèges.

La chaire se propose de poursuivre et d’approfondir ces travaux dans deux directions :

• D’une part l’étude des grands projets technico-scientifiques, ayant un contenu « politique » significatif, impliquant de fortes ruptures et la caractérisation des modes de pilotage associés •

D’autre part, l’analyse des modes de régulation de l’innovation utilisés par les Etats ou les pouvoirs publics soit pour « stimuler », soit pour « impulser » de grands programmes d’innovation. Cette question a fait l’objet d’une littérature ancienne et abondante, notamment de la part des économistes et des sociologues. Mais on mesure mieux aujourd’hui les limites des grands outils macroéconomiques et des modèles de politiques publiques dans le domaine de l’innovation ainsi que les difficultés des grands projets de type Défense ou « investissements d’avenir ». En partant des acquis de la chaire, on se propose donc d’approcher ces questions selon un angle nouveau et, c’est notre hypothèse, mieux adapté aux processus d’innovation que l’on se propose de réguler. Par exemple, les travaux de la chaire ont montré les limites des notions de « key enabling technologies » qui ne sont pas reliées aux grandes ruptures conceptuelles qui orientent l’innovation. On développera plutôt des modèles de pilotage construits sur les notions de « concepts génériques » qui devraient en outre éclairer les grands choix de financement.

Il faut noter que l’amélioration des modes de régulation de l’innovation bénéficiera directement aux entreprises. En effet une gouvernance de l’innovation efficace au sein d’une entreprise implique des évolutions similaires chez ses donneurs d’ordre et dans l’ensemble de l’écosystème.

Ces travaux devraient déboucher sur des propositions en matière d’organisation, d’instrumentation et de méthodes pour le pilotage et l’évaluation de ces nouveaux écosystèmes innovants.

Axe 5 : Identité des objets, réception expansive et création

Cet axe est nouveau, il a été préparé au cours de l’année 2013 et entrera en plein fonctionnement en 2014.

Depuis sa création, la Chaire TMCI s’est ouverte à l’épistémologie générique, courant de recherche qui réfléchit à la formation des nouveaux objets scientifiques. Elle s’est ensuite associée à plusieurs chercheurs qui travaillent sur la réception des techniques, la création artistique et les théories de la communication et de la sémantique. La chaire peut donc aujourd’hui explorer la formation des « identités des objets » dans la société. En outre, la théorie de la conception permet d’étudier ce que l’on appelle la réception des objets (le « travail » de l’acheteur et de l’utilisateur) comme une activité de conception. En effet, en considérant la réception aussi comme une conception (même si elle opère avec des connaissances différentes) on consolide un programme de recherche original. Nous pouvons aborder les situations où l’interprétation créatrice et critique des objets est cruciale pour la vie des innovations (Art, « design »). Nous retrouvons aussi les travaux qui montrent que les technologies nouvelles (STIC, IHM,..) sont par nature ouvertes et « réflexives » (Gentes). Nous pouvons enfin mieux analyser les objets-plateforme, les objets intégratifs ou les objets-générateurs d’usage mis-en en évidence dans les travaux de la Chaire TMCI. Le concept de « réception expansive » sera mis en parallèle avec celui de partition expansive plus classique en théorie C-K.

Cet axe ouvre aussi à des recherches fondamentales sur le langage de description de ces techniques dont les résultats pourraient être directement utiles à l’axe 1 et pourrait avoir un impact direct sur l’ensemble des développements des STICs au quotidien (objets connecté, aide aux personnes âgées, design numérique, télé- activités, etc..). Cet axe s’insèrera aussi dans le cadre des recherches en Art, cognition et création de PSL.